Daniel Thiery

Méolans-Revel

 

MEOLANS-REVEL

 

Faisait partie du diocèse d’Embrun et de la Vallée de Barcelonnette, aux ducs de Savoie de 1388 à 1713, aujourd’hui dans le canton du Lauzet-Ubaye. Comme son nom l’indique cette commune résulte de la fusion de deux communes en 1973. Elle offre une superficie de 12 774 hectares répartis de chaque côté de la vallée de l’Ubaye. Malgré un milieu montagneux peu favorable, la population atteignait les 1610 habitants en 1316 pour parvenir à plus de 2000 en 1765 et 1851 et ensuite chuter à 320 à l’époque actuelle (Atlas, p. 191 et 193). Les deux communes étaient desservies chacune par une église paroissiale, celle de Méolans dédiée à saint Julien, celle de Revel dédiée à saint Jacques le Majeur. L’étendue du territoire, la difficulté des chemins et un habitat dispersé en fermes et hameaux a obligé l’autorité ecclésiastique à créer des paroisses et des chapelles succursales. C’est au cours du XVIIIe siècle, moment où la population était abondante, que furent créées ses succursales.

 

255. La paroisse de Rioclar et ses six chapelles

 

C’est ainsi que dans la commune de Revel est fondée une paroisse à Rioclar en 1761 avec une église dédiée à Notre-Dame de la Visitation (Féraud, p. 236). Cette paroisse dessert en outre six chapelles : St Antoine, Ste Anne, St Eloi, St Ours, Ste Marguerite, Notre Dame des Neiges jusqu’en 1871, aujourd’hui ND de la Salette. Une 7e chapelle St Damase a été achetée et fermée depuis 1878 par un nouveau propriétaire, selon l’enquête sur les lieux de culte de 1899 (2 V 73).

 

256. Revel et ses cinq chapelles

 

La même enquête dénombre, outre l’église paroissiale, cinq chapelles rurales : chapelles Ste Madeleine, ND de la Salette, St Pierre martyr, St Pierre aux Liens, Ste Appollonie, distantes de 3 à 6 kil. Parmi ces chapelles, d’après de coutumier de 1835, il y en a trois où le pasteur va chanter la messe et vêpres le jour du patron, a savoir : le 9 février, jour de Ste Appollonie aux Taroux, le 29 avril, jour de St Pierre martyr à la Chanenche, le 22 juillet, jour de Ste Marie Madeleine à la Blache. En outre il se fait annuellement, le jour de la St Jean, ou de la St Pierre, une procession à la montagne du Caire pour la conservation des fruits de la terre.

 

257. La paroisse de Méolans

 

Elle dessert trois chapelles rurales qui ne sont pas nommées précisément au cours des visites de la fin du XIXe siècle. En 1860 et 1867, il y a trois chapelles rurales dont une hors d’usage, puis en 1873, il n’existe plus que deux chapelles rurales passables (2 V 88). Il doit s’agit des chapelles de Gaudeissart et de Gouitroux qui existent encore. Le texte suivant nous apprend que la chapelle de Gouitroux est dédiée à saint Pancrace et celle de Gaudeissart à la Visitation. La troisième, disparue en 1873, devait se trouver aux Besses car la procession s’y arrête et elle devait être dédiée à sainte Anne. Elle est signalée par la carte de Cassini.

 

258. La procession sur la montagne

 

C’est dans ces pays de la Vallée de Barcelonnette et de l’Ubaye qu’ont lieu des processions sur la montagne. Voici le texte complet de celle de la paroisse de Méolans fourni par le coutumier de 1835 :

29 juin, St Pierre. De temps immémorial l’on a fait ce jour là une procession sur la montagne de Rancfred. Le départ est fixé à 7 heures et les pénitents se rendent à l’église paroissiale, ensuite la procession part. On ne porte pas la Vierge si les filles ne sont pas voilées. Plusieurs ne viennent pas à la Ste Messe et ne font que se joindre à la procession lorsqu’elle monte à côté des maisons. D’autres en descendant la quittent et ne viennent pas assister à vêpres et à la bénédiction (observation là-dessus). Pour empêcher la profanation du dimanche par ces abus, lorsque cette fête tombe le dimanche on la fait alors le jour de la St Jean.

En montant, on chante les litanies de la pluie. Arrivés vis-à-vis de la chapelle de St Pancrace à Gouitroux on chante quelque temps l’hymne Deus tuorum militum, ensuite on reprend les litanies en traversant les Besses, on chante l’hymne de la fête de Ste Anne, en delà de la chapelle on fait une courte pause. En partant on chante les litanies de la Ste Vierge, le miserere. Arrivés en haut des prés la procession fait une seconde pause. Ensuite elle reprend son chemin vers la croix qui est sur la colline des Maures en chantant le Vexilla. Arrivés, le prêtre dit à genoux et à toutes les autres croix qui sont sur le chemin de la procession 5 pater et cinq ave, donne la bénédiction aux fruits de la terre, et on va diner. Le curé dine avec le prieur de la confrérie qui paye le diner dit diner de la chapelle. On ne doit donner aux fidèles que le temps nécessaire pour prendre une honnête réfection, autrement la jeunesse se répand dans les bois et dans les près. Outre les inconvénients qui peuvent en résulter il est plus facile de les réunir. Le diner fini, Mr le curé fait sonner à une distance convenable, par un petit, la clochette des pénitents. On se rassemble autour de la croix où les pénitents chantent l’office de la Vierge, le prêtre faisant fonction de recteur des pénitents. L’office fini on repart. Arrivés près de Gaudissart on chante l’hymne de la Ste Vierge, on entre dans la chapelle pour faire commémoraison de la Visitation, chanter le sub tuum ou les litanies. Lorsque la procession entre dans le village, on commence les vêpres qui sont suivies de la bénédiction du St Sacrement.

 

259. Paroisse de Saint-Barthélemy

 

Elle est située au SO de Méolans aux abords du Grd Riou de la Blanche, à 1238 mètres d’altitude. L’abbé Féraud rapporte que cette paroisse, au fond d’une étroite vallée, comprend 276 âmes de population. C’était anciennement une annexe de Méolans, où résidait le vicaire de cette paroisse. Elle fut érigée en 1746. Son église paroissiale est dédiée à saint Barthélemy, apôtre.

 

260. Paroisse de Lavercq

 

L’abbé Féraud nous apprend qu’elle est sous le titre de saint Antoine ermite et située dans le hameau dit l’abbaye et dans une gorge étroite, entre des montagnes élevées, à 7 kil. S. de Méoloans (p. 239). Plusieurs hameaux situés à plus de 1500 mètres d’altitude ont été équipées de chapelles succursales. L’enquête sur les lieux de culte de 1899 nous les révèle :

chapelle S. Jean, hameau de Peynier, à 3 kil., messe quatre fois par an.

chapelle S. Joseph, hameau des Chariouds, 2 kil., messe pour les malades à administrer.

chapelle N.D. des Grâces, sert aux Pénitents blancs, messe 4 fois par an.

 

261. Prieuré de Lavercq

 

Il n’est pas compté au nombre des abbayes, mais seulement comme prieuré. Il fut fondé en 1135 et relevait de l’abbaye de Chalais. Mais dès 1146, il dépendait directement de Boscodon. Les bâtiments monastiques furent incendiés en 1354 et ne furent pas relevés. Malgré tout le prieuré resta dans les mains de Boscodon jusqu’à la Révolution. De l’église romane, il ne subsiste qu’une petite partie du chevet plat du chœur que les spécialistes datent de première moitié du XIIe siècle [1].

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[1] Alpes Romanes, p. 54. Abbayes soeurs de l’Ordre de Chalais, p. 59. Collier, p. 141. Féraud, p. 238. Souvenirs religieux, p. 56.

 

Voir site Dignois