Daniel Thiery

Montfuron

 

MONTFURON

 

Faisait partie du diocèse d’Aix et de la viguerie de Forcalquier, aujourd’hui dans le canton de Manosque Sud-Ouest. La commune est située à l’ouest de Manosque en limite avec le département du Vaucluse au sud. D’une superficie de 1888 hectares dans un milieu de collines et de coteaux, le territoire a attiré les colons romains dont on a retrouvé quelques témoins dont des inscriptions lapidaires. Une voie antique passait au nord de la commune venant de Céreste et Montjustin et rejoignant Manosque et Forcalquier. Aujourd’hui GR 4-GR 97, elle est signalée par le cadastre napoléonien avec un Grand Logis, encore sous ce nom aujourd’hui. Le cadastre de 1823 la nomme chemin de Pertuis à Forcalquier. Ce Grand Logis servait d’auberge et de relais d’étape pour les voyageurs.

 

Le pays était prospère aux XIIe-XIIIe siècles avec 500 habitants en 1315. Mais les guerres et la peste firent des ravages considérables si bien qu’en 1471 le territoire était déclaré inhabité, sans avoir assez d’habitants pour constituer un corps de communauté. La population a atteint ensuite 310 habitants en 1765 et 390 en 1851 (Atlas, p. 186). De Monte Furono apparaît en 1060 et l’église n’est citée qu’au XIVe siècle, ecclesia de Montefurono (GCN, I, Inst. Aix, XL, col. 48). Elle est dédiée à Notre Dame, puis elle va s’adjoindre saint Elzéar, suite à son passage dans la commune où il guérit un aveugle. Elzéar de Sabran a vécu au XIIIe siècle (1285-1323). Issu d’une noble famille, il épouse Delphine de Signe. Les deux époux vécurent dans la chasteté et furent canonisés tous les deux. L’église paroissiale conserve quelques restes de structures moyenâgeuses : mur nord et grande partie d’appareil régulier, du côté sud, porte qui semble romane, avec ses grands claveaux réguliers moulurés d’un tore. La nef comporte deux travées voûtées ; elle est séparée d’un bas-côté, voûté de même et à chevet plat, au moyen de deux arcades surbaissées, à impostes moulurées, qui retombent sur un grand pilier rectangulaire (Collier, p. 223-224).

 

283. Chapelle Saint-Elzéar

 

Elle est située au sud et au pied du mamelon où se dressent le village, le château et l’église. Elle est accompagnée du cimetière. Pour R. Collier, elle serait dans le droit fil de la tradition romane. Elle est rectangulaire, en berceau, avec un chœur à chevet plat, voûté d’arêtes. L’arc triomphal retombe sur de forts pilastres en pierres de taille, avec impostes. Les murs latéraux sont bordés d’arcatures aveugles à impostes. Des moulures courent à la naissance de la voûte. Petit clocher-arcade (p. 219). Bailly est plus catégorique et la date de l’époque romane, pour lui seule l’abside est plus récente (p. 46). La chapelle a été classée MH le 9 juillet 1981 et les Monuments Historiques la datent du XIIIe et du XVIIe siècle. Elle est régulièrement entretenue et parfois l’évêque doit être menaçant contre les paroissiens, ainsi en 1868, il est indispensable que la Fabrique s’occupe de la chapelle de St Elzéar pour qu’on puisse y dire la messe. Si on négligeait de la crépir et de faire le pavé, Mgr se verrait obligé de l’interdire à partir du mois de juillet 1868.Le site de la chapelle et ses abords immédiats ont livré du matériel antique (CAG, p. 306). Si on a pris comme titulaire saint Elzéar pour cette chapelle, il est possible qu’elle existât avant son passage au XIIIe siècle et sous un autre nom, peut-être Notre-Dame. En ce cas et si son architecture révèle bien une facture romane, elle pourrait être l’église primitive et la première paroisse avant le perchement et la création du castrum.

 

Synthèse

 

La chapelle Saint-Elzéar pourrait être la première paroisse, antérieure au castrum qui s’est bâti avec son église sur la colline qui la domine.

 

Voir site Dignois