Daniel Thiery

Sainte-Croix-du-Verdon

 

SAINTE-CROIX-DU-VERDON

 

Faisait partie du diocèse de Riez et de la viguerie de Moustiers, aujourd’hui dans le canton de Riez. La commune est située au sud de Riez, à la sortie des gorges du Verdon. Elle ne couvre plus que 1370 hectares sur les 1997 qu’elle comptait avant que soit créé le lac de Sainte-Croix en 1975. La population a progressé de 300 habitants en 1315 pour culminer à 456 en 1851. Sainte-Croix apparaît lors de la confirmation par le pape des prieurés relevant de Saint-Victor en 1098, où est mentionnée l’ecclesia sancti Crucis. Puis de nouveau en 1135, sancte Crucis. Et enfin en 1337, prioribus vero de sancta Crux ; de sancta Cruce [1]. Les Pouillés de 1274 et 1351 citent le prior Sancte Crucis (p. 108 et 111). Le 8 octobre l’évêque de Riez Foulques achète de Raimond de Barras une partie du castrum et du territoire de Sainte-Croix. Dans le même temps Raimond Bérenger V vend l’autre partie à l’évêque pour 4000 sous raimondins [2]. C’est ce que constate l’abbé Féraud : la seigneurie du lieu a appartenu très longtemps aux évêques de Riez. L’église paroissiale est dédiée à la Sainte-Croix. Elle date du XVIe siècle. La fête patronale est la Transfiguration (6 août), vulgairement Saint-Sauveur (p. 148). R. Collier est plus prudent : l’église paroissiale, dédiée à la sainte Croix, daterait du XVIe siècle, mais une restauration complète en a été effectuée en 1834 (p. 380). Il est probable qu’à la suite des guerres et de la peste l’église originelle, l’ecclesia sancta Crucis citée au XIe siècle, ait été ruinée et rebâtie ou plutôt qu’elle se trouvait ailleurs.

 

413. L’ancienne église Sainte-Croix 

 

En effet c’est l’abbé Féraud qui signale que l’on trouve au bas de la plaine de Sainte-Croix, les ruines d’une ancienne église bâtie par les Templiers qui avait longtemps servie de paroisse. Les Templiers ne sont autres que les moines de Saint-Victor qui possédaient ce prieuré depuis au moins 1098 et qui le détenaient encore en 1337. Il est possible que l’église du prieuré soit la première paroisse, située en effet au bas de la plaine et près du Verdon. Il n’en reste rien, le cadastre de 1825 et la carte de Cassini n’apportant aucun indice. De plus, le site doit être maintenant sous les eaux.

 

Synthèse

 

Il y eut, comme souvent dans d’autres paroisses, une première église paroissiale située en milieu ouvert et qui a laissé place à une nouvelle élevée dans le castrum.

______________________________

 

[1] CSV II, n° 697, p. 39 ; n° 844, p. 226; n° 1131, p. 616 et 623. 

[2] Enquêtes, n ° 558, p. 357-358, note 4. RACP, n° 380, p. 462. GCN I, Inst. Riez, XX, col. 380-381, texte intégral.

 

Voir site Dignois