Daniel Thiery

Saint-Maime

 

SAINT-MAIME

 

Faisait partie du diocèse de Sisteron et de la viguerie de Forcalquier, aujourd’hui dans le canton de Forcalquier. La petite commune de Saint-Maime, 751 hectares, est située entre Forcalquier et Manosque. Elle comprend une plaine arrosée par le Largue et une série de côteaux. L’Antiquité s’est révélée avec plusieurs sites d’occupation, dont une grande nécropole contenant plus de quinze cents squelettes au quartier Saint-Clair (CAG, n° 188, p. 417-417). Peu habitée à cause de sa petitesse, la population s’élevait à 135 habitants en 1315. Il n’en restait plus que 40 en 1471 (Atlas, p. 196). C’est par un de ses habitants que le nom apparaît pour la première fois, avec un dénommé Eldebertus de Sancto Maximo qui est témoin lors d’un don fait par le comte de Forcalquier Bertrand à l’abbaye de Saint-Victor ; c’était entre 1018-1032 (CSV II, n° 666, p. 13). Plusieurs autres sont encore cités comme Audibert de Sancto Maximo en novembre 1202 qui rend hommage au comte (RACP, n° 18, p. 20).  Entre temps, en 1168, le comte de Forcalquier, Bertrand, avait donné parmi d’autres biens le castrum de Sancto Maximo aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem (Ruffi, p. 135).

 

L’église paroissiale est citée en 1274 avec un capellanus Sancti Maximi juxta Delfinum qui n’est tenu à aucune redevance (Pouillés, p. 120). Au XIVe siècle, par contre, le chapitre de Forcalquier est prébandé et il y a un prieur à la tête de la paroisse, prebandatus Sancti Maximi et prior Sancti Maximi juxta Delfinum (GCN I, Inst. col. 471). L’église, un peu à l’écart du village, est dédiée à saint Maxime et date, en gros, du XIVe siècle, avec une chapelle latérale ornée de consoles représentant des têtes humaines, un agneau et un loup qui daterait du XIIIe siècle (Provence Romane 2, p. 242).

 

434. Chapelle Sainte-Agathe

 

Il s’agit de la chapelle castrale et est tout ce qui reste de l’ancien château perché sur une colline avec les ruines d’une tour polygonale encore haute de 7,50 mètres. Ce château servit de résidence aux comtes de Forcalquier et à Raymond Bérenger au XIIIe siècle. La chapelle, de forme très simple, comporte une nef voûtée d’un berceau brisé et un chœur à chevet plat, couvert d’un berceau perpendiculaire au précédent. Pas de doubleau, mais une moulure à méplat et à large biseau, avec un décor de rinceaux ou de palmettes. Couverture en lauses. Elle a été classée, ainsi que le village le 23 mai 1943. Elle est datée par les historiens du XIIIe siècle [1].

 

Synthèse

 

On rencontre encore ici le cas d’une église castrale abandonnée au profit d’une nouvelle construite dans la plaine.

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[1] R. Collier, p. 144. Egalement Provence Romane 2, p. 242.

 

Voir site Dignois