Daniel Thiery

Saint-Pons

 

SAINT-PONS

 

Faisait partie de la Vallée de Barcelonnette et du diocèse d’Embrun, aujourd’hui dans le canton de Barcelonnette. La tradition locale fait de Saint-Pons la plus ancienne communauté de la vallée de l’Ubaye. Elle aurait été évangélisée par saint Pons, martyr de Cimiez au IIIe siècle puis au VIIIe siècle à la suite de la création de l’abbaye Saint-Pons de Cimiez. La commune perdit son autonomie et son influence lors de la fondation de Barcelonnette en 1231 par Raimond Bérenger V. Elle est alors rattachée à la nouvelle ville jusqu’à la Révolution. Son territoire atteste d’une longue occupation de la Préhistoire à l’Antiquité. Les sites sont essentiellement concentrés aux abords des rives de l’Ubaye (CAG n° 195, p. 440-442). Le village est dit sanctus Petrus de Drollia au XIIIe siècle (Atlas, p. 197). Drolle est en effet le premier nom du territoire comme stipulé lors de la création du Barcelonnette en 1231 où les syndics des lieux fortifiés de Drolle et de Faucon passent un accord avec Raimond Bérenger V pour construire une ville du nom de Barcelonnette, située contre ledit lieu de Faucon et celui de Drolhe (RACP, n° 155, p. 255) [1]. L’enquête de 1252 cite le territorium de Drollia comme dépendant de Barcelonnette (n° 436, p. 328). L’église est, bien entendu, sous la titulature de saint Pons, ecclesia sancti Poncii en 1351 (Pouillés). Elle a été classée MH en 1912 et est d’un style composite, ses éléments doivent s’étager de l’époque romane jusqu’au XVIIe siècle (Collier, p. 197-198).

 

456. Eglise et chapelles annexes

 

A l’image des autres communautés de la vallée, la rigueur du climat et les difficultés de circulation ont incités l’autorité écclésiatique à instaurer des églises et des chapelles succursales. Les visites du XIXe siècle de 1860 à 1875 recensent quatre chapelles rurales, d’abord en bon état, puis avec une qui laisse à désirer (2 V 86). Ces créations ont commencé à partir du XVIIIe siècle, moment où la population s’accroît sensiblement. Une paroisse est érigée au hameau de Cervières. D’après l’abbé Féraud, cette paroisse se compose de quatre hameaux, de quelques maisons de campagne, et d’une population de 120 âmes environ. L’église a pour fête titulaire et patronale la Nativité de la Sainte-Vierge ; elle est placée au hameau de la Pare. Elle fut construite en 1750 et érigée en annexe de la paroisse Saint-Pons (p. 199). Deux autres chapelles annexes existent encore, celles de la Frache et de la Lauze, la première dédiée à Notre-Dame des Neiges, la seconde à saint Sébastien et il nous a été impossible de reconnaître la quatrième. Il pourrait s’agir de la chapelle de la Maure érigée en succursale en 1778 d’après l’abbé Albert (p. 220 et 264).

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[1] Voir également Bouche I, p. 266 à 267 qui cite le castrum de Teolles, comme hameau de Barcelonne.

 

Voir site Dignois