Daniel Thiery

Sausses

 

SAUSSES

 

Faisait partie du diocèse de Glandèves et de la viguerie d’Annot, aujourd’hui dans le canton d’Entrevaux. La commune, de 1468 hectares, est située sur la rive droite du Var qui constitue la limite départementale avec les Alpes-Maritimes. Le castrum de Salsis apparaît au début du XIIIe siècle (Bouche, I, p. 282) et est constitué de deux communautés, Sausses et la Bastide-de-Sausses. Elles sont citées par les Pouillés de 1351 et 1376 : ecclesia Sancti Petri de Salcis, ecclesia Mosteyreti Salsarum (p. 262 et 265). Les deux églises dépendaient du monastère de Saint-Dalmas de Pedone. La Bastide est un quartier contigu à celui des Moustiers constitué d’un petit plateau fertile dominant le cours du Var. C’est là que les habitants du village perché avaient établis leurs jardins pour les productions maraichères. L’église des Moustiers était sous la sous la titulature de Notre-Dame et était située sur la commune du Castellet en limite communale sur la rive droite du ravin de la Gourre (voir cette dernière commune).

 

L’église paroissiale de Sausses est à l’origine dédiée à saint Pierre et se trouvait sur la rive droite du Riou près du cimetière actuel. Les habitants racontent que le premier village était situé à cet endroit mais qu’il fut détruit et enseveli par un éboulement de terrain. Le cadastre de 1818 nomme d’ailleurs ce quartier la Rouïne. En section B 2, parcelle 424, il signale un édifice avec une abside en hémicycle orientée vers l’est. Mais l’église va tomber en ruine au cours des années suivantes. Elle ne sert plus au culte depuis le début du XIXe siècle, remplacée par la chapelle du château qui a été restaurée et agrandie. Elle va cependant reprendre vie à la fin du XIXe siècle.

 

465. Chapelle Notre-Dame

 

Elle est sise près du cimetière et a été bâtie à l’emplacement et sur les ruines de la première église Saint-Pierre. Le docteur Marcellin, qui a épousé l’héritière de la famille Montblanc qui possède encore le château seigneurial, construit une chapelle dédiée à Notre-Dame. C’est ce que révèlent les visites pastorales de 1892 et 1893 : chapelle rurale du cimetière dont M. Marcellin qui l’a fait bâtir garde la clef. Ni rurale puisque un particulier en dispose, ni domestique, bâtie qu’elle est sur un terrain communal (2 V 94). Le 28 octobre 1891, les mêmes visites annoncent qu’il n’existe pas de chapelle rurale sur la commune. On peut donc supposer que la chapelle fut élevée en 1892. C’est un petit bâtiment d’une nef unique voûtée d’arêtes. La porte dessine un arc plein cintre et est surmontée d’un oculus lui-même coiffé sur le faîte par une croix en fer forgé.

 

466. Chapelle du château, nouvelle église paroissiale

 

L’abbé Féraud reconnaît que l’église paroissiale est dédiée à saint Pierre et a pour patron saint Pons, dont on célèbre la fête avec bravade le 11 mai. Elle est construite depuis quelques années seulement, l’ancienne ayant été abandonnée à cause de son état de dégradation (p. 315). C’est en effet au début du XIXe siècle, en 1807 selon l’inventaire de 1906, que l’édifice, simple chapelle attenante au château, est transformé en église. Elle reprend la titulature de la première église et est beaucoup plus commode pour les habitants par sa proximité.

 

Synthèse

 

On ne sait quand est survenu la destruction et l’abandon du premier village, église et cimetière ont été les témoins survivants du premier habitat. Aujourd’hui seul le cimetière continue sa fonction. Les deux premières paroisses, Notre-Dame du Mousteiret et Saint-Pierre de Sausses citées au début du XIIIe siècle ont disparu, mais on ne connaît pas leur date de fondation.

 

Voir site Dignois