Daniel Thiery

Sigonce

  

SIGONCE

 

Faisait partie du diocèse de Sisteron et de la viguerie de Forcalquier, aujourd’hui dans le canton de Forcalquier. La commune, de 1997 hectares, est située dans le pays de Forcalquier à l’ouest de Ganagobie dans un paysage de collines et traversée par le Lauzon. Jusqu’au XVe siècle le territoire était partagé entre deux communautés, Sigonce et Aris. En 1315, le premier abritait 250 habitants, le second un peu plus d’une centaine. C’est ce dernier qui apparaît le premier dans les textes. C’est aux alentours des années 963 ou 967 que l’évêque de Sisteron, Ours, fait don au monastère naissant de Ganagobie, de plusieurs terres dont le territorium de villa Arises (GCN I, p. 684). Il faut attendre ensuite le 10 juin 1206 pour que le comte de Forcalquier, Guillaume, offre à Ganagobie tout le territoire de la villa de Segoncia (CLU V, n° 4424, p. 796). Les deux communautés sont alors dans les mains des moines de Ganagobie qui desservent les deux églises citées en 1274 avec un capellanus ecclesie de Aricio et un capellanus ecclesie de Seguntia (Pouillés, p. 120). Sur les 350 habitants que comptaient les deux communautés en 1315, il ne va en subsister que 40 en 1471, ce qui explique la disparition de la communauté d’Aris et de son église. Celle de Sigonce semble avoir été entièrement reconstruite car elle est datée communément de la fin du XVe-début XVIe siècle (Atlas, p. 200 et Collier, p. 166-167). Il est possible également que la première église soit située en contrebas, dans la plaine et que celle du castrum n’ait été élevée qu’à la fin du XVe siècle (voir chapelle Saint-Claude).

 

480. Chapelle Notre-Dame-des-Clots ou du Bon Secours ou des Remèdes

 

C’est sous ces différentes appellations qu’est nommée une chapelle située au sud du village sur une petite colline. R. Collier en dit quelques mots : chapelle Notre-Dame (du Bon Secours ?) sur une butte isolée. Le chœur, formé d’une travée rectangulaire, voûté d’un berceau brisé et percé d’une fenêtre, peut remonter au XIIIe siècle ainsi que les murs latéraux, porte et baie en arc brisé sur le mur sud (p. 146). Elliot la qualifie d’ancienne chapelle Notre-Dame-des Clots ou du Bon-Remède a été transformée en grange bien délabrée. Elle se compose de deux parties, une courte nef maintenant sous tuiles mécaniques, et une abside carrée demeurée sous lauzes ; la tradition prétend qu’une crypte existerait dessous. Il signale ensuite deux pierres sculptées en réemploi (1, p. 93-94). La chapelle figure sur la carte de Cassini n° 153 sous l’appellation ND des Remèdes. Elle est aujourd’hui en état précaire servant de hangar agricole.

 

481. Chapelle Saint-Claude

 

La même carte de Cassini figure une chapelle St Claude immédiatement au nord du village, près des lieux-dits le Roy et le Pigeonnier, vocables que l’on retrouve sur les cartes modernes, mais il n’existe plus de chapelle, qui n’apparaît d’ailleurs pas au XIXe siècle où les visites pastorales relatent qu’il n’existe pas de chapelle rurale sur la commune.

 

Synthèse

 

La chapelle Saint-Claude pourrait être la première paroisse, avant que ne se dresse le castrum. Le titulaire a été repris pour la paroisse castrale comme cela s’est produit en de nombreux cas. L’église d’Aris a certainement été construite dès l’arrivée des moines de Ganagobie au Xe siècle, à moins qu’elle ne soit le reliquat d’une paroisse carolingienne, le titre de villa témoignant dans ce sens. La chapelle Notre-Dame, dont la fondation remonte au XIIIe siècle, peut, elle aussi, vu son emplacement en milieu ouvert et sa titulature, faire partie des premières églises préromanes.

 

Voir site Dignois