Daniel Thiery

Bellaffaire

 

BELLAFFAIRE

 

Faisait partie du diocèse d’Embrun et de la viguerie de Sisteron, aujourd’hui dans le canton de Turriers. La commune présente un habitat dispersé en fermes et petits hameaux, le village n’abritant qu’un tiers de la population. Depuis l’époque carolingienne, le territoire faisait partie de la villa Jugurnis aux mains de Saint-Victor [1]. L’église paroissiale, au sommet de la colline et où s’entoure le village, ne semble pas avoir changé d’emplacement. Elle est dédiée à saint Nicolas-de-Myre. Une seule chapelle, devenue ensuite paroissiale, est signalée dans la commune.

 

60. Pré la Cour et l’église Saint-Joseph de la Freyssinie

 

La Freyssinie est un hameau éloigné du chef-lieu de quelque 3000 mètres. Il est desservi, ainsi que les fermes voisines, par une église et un cimetière. Entièrement restauré à la fin du XIXe siècle, l’édifice présente un chevet orienté parfaitement vers l’est. Cette caractéristique est inhabituelle pour une église dont l’édification remonte à 1708 comme le relate l’abbé Albert. Mais il ajoute qu’elle a été bâtie sur une ancienne chapelle [2]. D’autre part, le toponyme Pré la Cour ou Pré de Frechenie est cité lors de la vente des biens nationaux à la Révolution (1 Q 64). Damase Arbaud, dans sa localisation des lieux-dits de la villa Caladius fournis par le polyptique de Wadalde en 814, y reconnaît la colonica in Fraxeno [3]. Cela est impossible car cette colonge est dans le même lieu que celle de Mercone, Marcoux [4].

 

Synthèse

 

Les indices sont minces, mais laissent cependant envisager une fondation antérieure à celle des castra. Le toponyme, l’orientation de l’église, son établissement en milieu ouvert pour desservir un habitat dispersé, convergent vers une fondation correspondant aux premières églises rurales. La villa Jugurnis couvrant tout le bassin de Turriers a pu être à l’origine de cette fondation, mais sans certitude.

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[1] Se reporter à notre article déjà cité « Eglises et prieurés ruraux (VIIIe-XIIe siècles) dans les cantons de la Motte-du-Caire et de Turriers ».

[2] Albert (abbé), Histoire géographique, naturelle, ecclésiastique et civile du diocèse d’Embrun, Gap, 1783, Tome I, p. 286 : On a établi depuis l’an 1708 une église succursale au hameau de la Freyssinié, pour la commodité des habitans de ce hameau et de ceux des Aguillons, des Pascals et des Marins. On a profité pour cela d’une ancienne chapelle qui est sous le titre de S. Joseph.

[3] ARBAUD D. « Etude sur le polyptique de Wadalde (de l’an 814) ou dénombrement des possessions de l’Eglise de Marseille », Bull. de la Sté Sc. et Lit. des BA, 1903, p. 191.

[4] CSV H n° 25-26. Colonica in Fraxeno inhibi (colonica in Mercone). 

 

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