Daniel Thiery

La Brillanne

 

LA BRILLANNE

 

Faisait partie du diocèse de Sisteron et de la viguerie de Forcalquier, aujourd’hui dans le canton de Peyruis. La commune est située sur la rive droite de la Durance à la hauteur de Forcalquier et présente une grande plaine agricole de 722 hectares. L’occupation antique, gallo-romaine en particulier, est largement représentée surtout sur les terrasses dominant la Durance (CAG, n° 034, p. 109-113). Le castrum de Lebrignana est cité en 1174 lors d’un échange entre l’évêque de Sisteron Bermond d’Anduze (1174-1214) et les Templiers des domaines d’Aulun (N.-D des-Anges à Lurs) et du castrum de La Brillane. La comtesse de Forcalquier Adelais avait donné La Brillanne aux Templiers. Le prédécesseur de Bermond d’Anduze, Pierre de Sabran (1145-1171), avait interverti les donations, le comte Guillaume étant alors mineur. Devenu majeur, ce dernier, le 2 novembre 1174, rétablit les Templiers à La Brillanne et l’évêque de Sisteron à Aulun [1].

 

Aucune chapelle rurale n’est citée au cours du XIXe siècle et la carte de Cassini n’en signale pas également. Achard et Féraud sont aussi muets. Seuls, deux toponymes peuvent apporter quelques lumières, les quartiers Saint-Saturnin et Saint-Martin. Ce sont deux saints vénérés très tôt lors de la christianisation, Saturnin ayant remplacé souvent un culte au dieu Saturne. Au lieu-dit Saint-Martin, 300 m. au sud du quartier de la Princesse, a été fouillée lors de l’aménagement de l’autoroute une nécropole composée de tombes à incinération et à inhumation, ainsi que deux bâtiments ruraux. Ces toponymes sont les seuls indices pour soupçonner deux édifices religieux disparus.

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[1] GCN I, col. 717-708 et Inst. Sisteron, XVI, col. 451-452. Voir également les assertions de l’abbé Féraud dans sa Géographie Historique (p. 420-421) et ses Souvenirs religieux (p. 102). 

 

Voir site Dignois