Daniel Thiery

Brunet

 

BRUNET

 

Faisait partie du diocèse de Riez et de la viguerie de Moustiers, aujourd’hui dans le canton de Valensole. Partie prenante du plateau de Valensole, le territoire de 2847 hectares est traversé par l’Asse. Il a révélé plusieurs sites antiques, principalement le long de la vallée ainsi qu’une voie antique qui de Bras d’Asse reliait la Durance. Il s’agit sans doute de la via publica qui descendit in villa Brunito citée vers 990 par le cartulaire de Cluny dans une charte concernant Valensole (CLU, III, n° 1837, p. 81). Après cette première citation de Brunet, c’est en 1098 que l’on apprend que l’ecclesia sancta Maria de Brunet dépend de l’abbaye de Saint-Victor, lors d’une confirmation faite par l’évêque Augier de Riez (CSV II, n° 697, p. 39). Mais par la suite, l’église n’apparaît plus parmi les possessions de l’abbaye. Sont ensuite cités en 1274 (Pouillés, p. 106), un hospitalerius de Bruneto, nommé Ridus Martinus, ainsi qu’un prior et un capellanus de Bruneto. En 1351 (Pouillés, p. 110), l’hospitalerius a disparu. Il faut ajouter encore l’abbaye de Montmajour qui est à la tête du prieuré Saint-Martin qui sera rattaché à la cathédrale de Riez en 1204 [1].

 

L’église paroissiale a pour patron saint Martin et semble avoir été créée par Montmajour jusqu’à ce qu’elle passe dans les mains de la cathédrale de Riez en 1204. Aujourd’hui, c’est le seul édifice religieux qui subsiste dans la commune. Les visites pastorales du XIXe siècle reconnaissent qu’il n’existe aucune chapelle rurale. Cependant, la carte de Cassini en révèle plusieurs : l’église paroissiale près du château, un édifice dit le Calvaire au NO du village, un édifice dit Notre Dame à l’est du village, un autre appelé St Martin au nord du précédent. Enfin, un dernier dédié à Ste Barbe au sud. Il faut admettre que tous ces édifices, hors l’église paroissiale, ont disparu quelque temps après la Révolution. Le cadastre napoléonien de 1826 signale cependant les deux édifices de Saint-Martin et de Notre-Dame. Le premier figure avec une abside en hémicycle orientée vers l’est et le deuxième un édifice rectangulaire lui aussi orienté (parcelles 45 et 33 de la section B). Ces deux monuments semblaient être encore en état à cette date.

 

Il faut remarquer la concentration extrême de ces édifices, tous groupés autour de l’ancien castrum. Notre Dame correspond vraisemblablement à l’ecclesia sancta Maria de Brunet dépendant de Saint-Victor en 1098. Le Calvaire pourrait être ce que l’abbé Féraud décrit à 1 km du village comme les débris d’un monastère que l’on croit avoir appartenu aux Templiers. On y a découvert des tombeaux. On pourrait y reconnaître l’hospitalerius de Bruneto cité en 1274 qui pourrait dépendre de l’ordre des Templiers, n’étant plus cité en 1351, l’ordre ayant été dissous depuis. Le lieu-dit s’appelle aujourd’hui le Couvent. Le quartier aujourd’hui Saint-Martin, cité également par Cassini, pourrait être identifié au prieuré Saint-Martin fondé par Montmajour. Lors de la création du castrum au XIIIe siècle, il aurait été abandonné comme paroisse au profit d’une nouvelle église ayant repris la titulature originelle. Enfin, les cartes modernes signalent un ancien cimetière 400 m au SSE du village au pied des collines Notre-Dame et Ste-Christine. C’est là que Cassini situe le lieu-dit Ste Barbe.

 

Synthèse

 

La situation est complexe et il faudrait trouver des documents antérieurs au XIXe siècle pour tenter de démêler cette prolifération d’édifices religieux dans un espace si restreint. Nous avons tenté une reconnaissance, qu’il faudra approfondir. Il est probable que quelques-uns d’entre eux situés dans la plaine, Saint-Martin et Notre-Dame, font partie des premières églises rurales.

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[1] Cité par Abbayes et Prieurés, avec la référence d’une bulle d’Innocent III, in Pat. Lat., CCXV, 468.

 

Voir site Dignois