Daniel Thiery

Le Caire

 

LE CAIRE

 

Faisait partie du diocèse de Gap et de la viguerie de Sisteron, aujourd’hui dans le canton de La Motte-du-Caire. Cette commune s’étend sur les bords du Grand Vallon au nord de La Motte-du-Caire. La vallée, d’abord très étroite, s’élargit au sud, offrant un bassin plus vaste, favorable aux cultures vivrières. L’habitat est concentré principalement dans la vallée, les rudes pentes ne présentant que peu de ressources, à part le bois [1].

 

80. L’ancienne et éloignée paroisse Notre-Dame

 

Il faut attendre 1599, au sortir des guerres de Religion, pour reconnaître une chapelle rurale, ancienne église paroissiale. Les habitants disent à l’évêque qu’il existe deux églises, l’une au village sous le titre de saint Michel, l’autre dans le cimetière dédiée à Notre-Dame. Toutes deux sont également ruinées [2]. Ils préfèrent rebâtir celle du village car plus commode et abandonner celle du cimetière. Lors d’une nouvelle visite en 1664, il y a une vieille masure, qu’estoit autrefois la paroisse, esloignée d’environ un quart de lieue, sous le titre de Notre Dame de Romessiés. Puis en 1708, l’ancienne et éloignée paroisse soubs le titre de Notre Dame de Romesias sive de Valconis, ayant esté jadis démolie. Elle est encore citée en 1759, il y a dans le cimetière un bâtiment qui tombe en ruine et qu’on nous a dit être les restes d’une ancienne chapelle [3]. On doit la dernière citation à l’abbé Féraud (p. 453) : on voit dans le cimetière les débris d’une ancienne église : un arc de la voûte subsiste encore. On croit que c’était la chapelle d’un ancien couvent de Templiers. Pour cet auteur la majorité des églises du département sont d’origine templière. Il ne reste aujourd’hui aucune trace de l’ancienne église, le cimetière seul continuant sa fonction de champ du repos.

 

Les qualificatifs d’ancienne et éloignée paroisse et autrefois la paroisse, indiquent clairement que nous sommes en présence du premier établissement paroissial, avant que le castrum n’attire à lui l’habitat et une nouvelle église. Il est situé à 1000 m. en aval du village, là où la vallée s’élargit, propice aux cultures. Près d’un ruisseau, le site est isolé et a livré des fragments de tegulae. 100 mètres en contrebas passe la route qui dessert la vallée, au bord de laquelle a été découvert lors d’un charruage un cimetière gallo-romain dont les tombes étaient formées de tegulae (CAG, n° 134, p. 316).

 

 

Synthèse

 

Il apparaît que le site de l’ancienne église ait été établi sur une fondation gallo-romaine, sans doute de type villa. Il a pu être de nouveau revitalisé lors de la période carolingienne, mais sans certitude. Il est sûr par contre qu’il faisait partie de ces premières églises rurales pré-castrales. On ne connaît pas le fondateur, laïc, abbaye ou l’évêché de Gap. Aujourd’hui, il ne subsiste même pas une seule pierre de cette première église.

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[1]Reprise de notre texte paru dans les Chroniques de Haute Provence, n° 358, juillet 2007, « Eglises et prieurés ruraux (VIIIe-XIIe siècles) dans les cantons de la Motte-du-Caire et de Turriers ».

[2] ADHA G 779, f° 526. Visite pastorale de l’évêque de Gap.

[3] ADHA G 1854, 1105, 789.

 

Voir site Dignois